10-regras-indispensaveis-que-todas-as-mulheres-ciganas-devem-seguir-1.jpg

TSIGANES D'AMÉRIQUE LATINE, UNE ODYSSÉE


 

Pour certains, passer une nuit en Amérique latine peut être une chose assez simple, il suffit de régler son poste sur 106,6, vous connaissez « ciento seis punto seis », ou alors d’ouvrir son appli de podcast préférée pour nous écouter.


Pour d’autres, la nuit en Amérique latine peut-être le fruit d’un voyage de plusieurs milliers de kilomètres et surtout de plusieurs siècles. Ce soir nous vous emmenons aux confins du monde, nous vous baladons de l’Inde médiévale aux contreforts des Andes argentines, de l’Empire Byzantin au Brésil, de métissages en métissages. Car de métissage au fond, dans una noche en latinoamerica, il en est toujours question.


Tsiganes d'Amérique du Sud: une odyssée


Cette émission est le fruit d’une question que je me suis posé il y a quelques temps : mais au fait, il y ²²a t-il tsiganes en amérique du sud ? 


Dans un premier temps il convient de savoir ce qu’il y a derrière ce mot “tsigane” ou derrière le mot rrom ou gitan, car trop souvent les limites entre ces termes sont floues. Pour me faire une idée précise, il m’a fallu me pencher sur l’histoire de ces populations.


Pour situer la période et l’endroit où naît l’histoire tsigane, j’ai fait appel à Elisabeth Clanet, auteure et chercheuse qui a largement étudié le sujet. Elle, ainsi que d’autres chercheurs fondent leur approche depuis quelques dizaines d’années sur l’analyse de la langue des tsiganes le romani, ainsi que sur des bases anthropologiques et historiques.

Alors avant de prendre la route de l'Amérique du Sud, remontons celles des tsiganes. Au XI ème siècle de notre ère les armées turques, ces armées de l'empire des steppes, conquièrent des régions du nord de l’Inde, dans la moyenne vallée du Gange. Ces armées ont vraisemblablement déporté massivement des populations de ces régions dans leur objectif d’invasion de l’Asie mineure. Ces peuplades villageoises et citadines venaient apporter leur concours logistique en 1071 lors de la conquête par les turque de l’Anatolie: autrement dit une très grande partie de la Turquie actuelle. C’est là que l’on trouve la naissance de deux termes bien connus et c’est aussi là que je vous laisse quelques instants avec Elisabeth Clanet. 


Extrait de l’interview d’Elisabeth Clanet


Nous voilà donc en Asie mineure il y a quelques 800 ans. Peu à peu ces peuples d’origine Indienne donc la langue romani s’est enrichie au contact du perse et de l’arménien vont progressivement se disperser en Europe. Beaucoup vont se retrouver en Roumanie où il subsiste encore aujourd’hui une très large communauté Rrom, d’autres vont voyager à travers les Balkans et plus au nord comme par exemple dans le royaume de Bohême pour y trouver un nom, Bohêmien qui aujourd’hui subsiste encore. De la même façons, des groupes identifiés comme venant de petite egypte, une zone correspondant aujourd’hui à l’albanie, sont appelés égyptiens, gitan, gypsy, gitanos et sont aujourd’hui connus pour être présents dans toute la péninsule ibérique. D’autres, encore s’installent en Grèce avant de se retrouver une nouvelle fois déportés:


Extraits de l’interview d’Elisabeth Clanet



Tout comme j’ai laissé la parole à Elisabeth Clanet, pour dérouler le fil de l’histoire tsigane du Nord de l’Inde jusqu’au Brésil, je vais à présent la laisser à Jorge Bernal. Il préside en Argentine une association qui promeut la culture et l’identité rrom, dans son pays comme dans le continent tout entier.


Extraits des interviews d’Elisabeth Clanet et de Jorge Bernal


Alors voilà, il semblerait que j’ai ma réponse: il y a des tsiganes en Amérique du sud. Il y en a même de très larges communautés, de très larges groupes. Nous avons abordé la question en élargissant la focale sur le Brésil et l’Argentine mais des tsiganes, des roms, des gitans, il y en a également au Chili, au Pérou, en Colombie bien d’autres région encore d'Amérique latine.

Merci à Jorge Bernal et à Elisabeth Clanet de m’avoir fait voyager, de nous avoir fait voyager sous les radars et par les routes sinueuses des tziganes d'Amérique du Sud. 


Poème brésilien Kalo lue par Elisabeth Clanet