Hors-série

Retrouvez ici des podcasts originaux! N'hésitez pas à les partager, les commenter, et nous proposer vos sujets pour de futures émissions.

 

Au cœur d'une communauté aymara en Bolivie

Dans la rue, un homme déjà âgé s'adresse à nous : 

"La vraie origine de tout ça, tu sais ou c’est ?

A Charazani, à Tiwanaku...

Là-bas, dans les villages !

C’est là-bas qu’il faut connaître ! Pas ici, au marché, non ! Dans les villages.

Quand tu vas dans un village, ils t’offrent tout !

Va à Charazani, tu vas voir !

Ici, ce sont seulement des marchands.

Ils fonctionnent seulement avec des machines et voilà.

Ils trompent le touriste, l’étranger, et basta

C’est la vérité.

Je te dis la vérité mamita !

Je ne gagne rien si je te mens…

Je suis paceño, bien bolivien, mais j’aime pas quand ils trompent tout le monde comme ça.

Regarde, c’est ma carte d’identité, je suis bien bolivien hein ?

Mais pas question de tromper mon monde, ah ça non ! j’aime pas !

Je déteste quand on me vole 10 centimes….

Moi, je parle un peu anglais…."

Nous sommes au terminal des bus de La Paz, la capitale administrative de la Bolivie, située à 3 600 mètres d’altitude, en plein cœur des Andes et aux pieds de la majestueuse montagne, l’Illimani.

Les files s’allongent au guichet de chacun de transporteurs. Tout se fera en bus ou en navette, le peu de train qui circule est surtout consacré au transport de marchandises.

Nous suivrons les conseils de cet homme rencontré au hasard. Nous prenons la route des villages et partons vers le sud, dans la région habitée par les ponchos rouges d’origine aymara.

Rencontre avec la communauté Saparoma, à côté du village d’Ayo-Ayo…

Après trois heures de voyage depuis La Paz, et avoir traversé la si mystérieuse ville d’El Alto et quelques villages avoisinants, nous descendons à Ayo-Ayo. Cette bourgade de quelques centaines d’habitants est connue en Bolivie pour être le village dans lequel, en 1750, est né Tupac Katari, célèbre chef rebelle indigène considéré, avec sa femme Bartolina Sisa, comme l’un des précurseurs de l’indépendance nationale, arrachée au colon espagnol.

Nous voilà au bord de la route et au milieu de ces maisons constituées principalement d’adobes et de briques. Il y a là deux tiendas, deux petites boutiques qui se font face. Nous entrons dans l’une d’entre elles pour demander notre chemin. Nous cherchons à rejoindre la communauté Saparoma, située, nous a-t-on dit, à une bonne quarantaine de minutes à pieds.


Saparoma est une communauté aymara, constituée de 43 familles. Les maisons sont très dispersées, au milieu de champs de pommes de terre et de quinoa. Nous apercevons quelques maisons, toute construites en adobe, cette brique constituée d’argile, d’eau et de paille, puis séchée au soleil.

Au centre de la communauté, se trouve un bâtiment utilisée pour des réunions. Il est bordé par un terrain de football. Enfin, ça y ressemble. Malgré un certain dénivelé, deux cages sans filets se font face.

Le soleil cogne, et le soroche (nom local donné au mal d’altitude) se fait sentir. Le moindre effort nous coupe le souffle.

Nous nous approchons de la maison d’Hilaria et William et de leurs deux enfants Edik et Iver. La maison est constituée de plusieurs petites pièces autour d’une centrale. Il y a quatre lits, une pièce avec un ancien four et du matériel, puis une petite cuisine.

Les murs de la maison sont décorés par des calendriers ou des posters à la gloire de Tupac Katari, de Bartolina Sisa, de la Bolivie, ou de son président amérindien, Evo Morales, aujourd’hui déchu.

Après nous avoir servi une soupe dans laquelle baignent des pommes de terre, William nous raconte :

"Quand je suis arrivé ici, j'ai construit cette petite maison.

Après, j'ai fait le toit en paille.

Après, j'ai fait ça.

C'est la nouvelle petite maison dans laquelle je dors.

Le four, je l'ai fait avec des vieilles tôles de zinc.

C'est vieux, ça date de quand je vivais à Ayo-Ayo.

Je n'avais pas de maison ici.

En 2002, j'ai commencé à construire, tout ça.

Je n'avais aucune maison ici.

Là où il y a la maison derrière, celle de Sancho, où il y a les petits cochons, c'est de ce côté que mon père avait sa maison.

C'était de la pampa.

Je suis arrivé en 2002,

Je me suis construit cette maison,

Je l'ai isolée, et hop j’ai pu y vivre.

Après j'ai mis la paille. 

Après j'ai fait cette pièce.

Après j’ai le four.

Il faisait très froid!

C'était que de la pampa.

Cette fois-ci, j'avais un peu d'argent.

J'avais ma maison à Ayo-Ayo et je l'ai vendue.

Elle avait un four aussi.

Je l'ai vendue et avec l'argent, j'ai construit celle-ci.

1 000 dollars la vente...comme 1 000 euros presque."


Le quotidien de cette famille, comme celui de l’ensemble de la communauté, est le suivant :

Avant l’aube, les parents vont travailler aux champs pour profiter de la fraîcheur matinale. Les enfants, eux, se préparent pour aller à l’école située à Ayo-Ayo. Ils en reviendront en tout début d’après-midi.

L’après-midi, la petite famille se retrouve aux champs, ou les enfants parfois restent à la maison pour faire leur devoir et cuisiner.

Le soir, il fait nuit à partir de 18h00 et William allume un groupe électrogène pour allumer une vieille télé, la seule du village, sur laquelle sont diffusées des telenovelas. Ils mangent parfois devant, tout en discutant.

Leurs quelques animaux et leurs champs sont toute leur vie. Ils en sont fiers :

"Bonsoir les jeunes !

Je vais faire une maison pour les poules!

Je vais faire plein d’adobe et, derrière, tu vois où il y a l’enclos des poules ?

On va agrandir et il y aura une maison pour les canards et une autre pour les lapins.

On va le faire dès que possible.

Au mois de février…. A la fin de février ce sera prêt !

Poucha ! Ca va être trop bien !

Je vais sortir des patates aussi, j’en ai plein.

Là, en février-mars, je vais préparer la terre.

Même les autres n’auront pas des champs comme moi !

Je bosse moi !

Il y a juste pour la quinoa, je n’ai rien fait, caramba…

J’ai rien vendu…

Cette année, je vais en faire.

Tu vas prendre des photos de la quinoa de Zacarias, celle-là elle est belle…"


Les deux enfants de William et Hilaria sont alors âgés de 9 et 16 ans. Iver, le plus grand, se prépare sereinement au service militaire qui est obligatoire en Bolivie. Ça ne le gêne pas, il a hâte d’apprendre et de servir la patrie. Il joue un peu de guitare et de zampona, la « flûte de pan » comme on l’appelle en France.

Son petit frère, Edik, va à l’école tous les jours. Il aime sa maîtresse et nous confie que les autres enfants l’embêtent parfois. Nous l’interrogeons sur ce qu’il veut faire plus tard. Il ne veut pas être médecin, ni policier, et encore moins travailler aux champs comme ses parents. Il aime aussi la musique, même s’il ne joue pas encore d’instruments. Il y a peu, au grand marché de Patacamaya, une ville située à une demi-heure de bus d’Ayo-Ayo, il est tombé sur un vendeur :


"Il y en a au marché, j’en ai vu!

Il y a des claviers, des guitares

Il y a des guitares électriques, qui se jouent avec un moteur!

Une batterie… un orchestre entier me plairait !

Avec des enceintes.

S’il n’y a pas d’argent, on ne va rien acheter…"

  

Dans un village aussi reculé que Saparoma, la radio est un excellent moyen de communication. Elle sert aussi à rester connecté avec l’actualité du pays. A chaque match de foot des deux équipes locales, Bolivar et les Strongest, Iver allume le transistor. C’est comme s’il était au stade, pour supporter son équipe favorite, les Tigres de La Paz.

Il s’assied au bord   du lit, et cherche la fréquence…


La Bolivie est certainement l’un des plus beaux pays du monde. Il traverse depuis l’automne 2019 une crise politique qui, espérons-le, pourra se résoudre rapidement. Cet épisode est un hommage aux populations indigènes de Bolivie et d’ailleurs, les invisibles, leur quotidien, leurs croyances, leurs rêves et leurs espoirs.


"Jallalla Saparoma, Jallalla Bolivia, Jallalla Pachamama, Jallalla Tupac Katari y Bartolina Sisa!"

Sources et morceaux : 

  • Yobana Hancco – El Amor

  • Los Kjarkas - Bolivia

  • Manu Chao - La Primavera

  • Nacion Rap - Mama Koka

  • Yobana Hancco - A que volviste

  • Los Perros de la Calle - La Paz nunca Sede

  • Enregistrements réalisés sur place - Propriété de l'association UNIDOS : rues, gare des bus, interviews, passages radios...

 

A la rencontre de latino-américain(e)s confiné(e)s

Loin de leur terre ou de leur famille, de nombreux étrangers, étudiants et jeunes travailleurs, sont confinés dans l’Hexagone depuis plusieurs semaines.

A Lille, on estime à deux mille étudiants confinés au sein du Campus cité Scientifique, parfois dans de petites chambres. Parmi eux se trouvent une majorité d’étrangers qui n’ont eu aucun moyen de rejoindre leur famille, alors elle-même confinée dans un autre pays.

Cette semaine, nous vous proposons trois témoignages pour comprendre comment des personnes étrangères vivent-elles cette période, loin des leurs, comment s’occupent-elles et comment voient-elles la situation dans leur pays d’origine.

Rencontres avec Michelle, une étudiante équatorienne qui vit à Lille ; Joryet, jeune femme mexicaine revenue du Mexique en urgence ; et Diana, une étudiante colombienne confinée à Manchester, chez nos voisins anglais.


Michelle :

« Bonjour, je m’appelle Michelle Jativa, j’ai 27 ans, je suis Equatorienne, de Quito, la capitale d’Equateur. Je suis venue en France pour faire mes études de spécialisation. Tout d’abord, j’étais à l’Université Lille III pour étudier la langue française, et maintenant, depuis septembre, je fais mon Master en Communication d’Influence à l’Université Catholique de Lille. »


Joryet :

« Bonjour, je m’appelle Joryet Galicia, j’ai 33 ans, je suis Mexicaine, de l’état de Mexico,

Je suis d’abord arrivée en France pour faire mes études et maintenant je suis mariée.

J’habite à Lille depuis 2 ans. »


Diana :

« Bonjour, je m’appelle Diana Camargo, j’ai 31 ans, je viens de Colombie, de la belle ville de Bogotá. Je suis venue en Angleterre pour étudier l’anglais puisque je pense que c’est un excellent pays pour apprendre cette langue. Cela fait 7 mois que j’habite en Angleterre, à Manchester et habite dans un quartier qui s’appelle Media City. Je pense que Manchester est une ville intéressante et jolie. Je passe vraiment des bons moments ici, les gens sont spectaculaires. »



Comment vivez-vous chacune la situation ?


Michelle :

« Le confinement, c’est compliqué pour nous les étrangers. On est tout seul, c’est difficile mais maintenant on a plus de temps pour penser aux choses que l’on devait faire. C’est un peu compliqué pour le moral, j’essaye de rester calme, de faire mes activités, de réviser, de parler avec ma famille, des faire des choses pour me sentir mieux, pour être plus calme. La situation est très inquiétante car on ne sait pas ce qu’il va se passer, on est inquiet à cause de la maladie, c’est compliqué. »


Joryet :

« C’était bizarre car j’étais au Mexique avec la famille et mon mari, on avait nos billets de retour pour le 18 mars, de Cancun vers la France, mais au Mexique il n’y avait rien de grave, la crise ne faisait qu’arriver.

Cependant en France et dans toute l’Europe on était en quarantaine. On voyait que tout fermait, les bars, les restaurants. Ils disaient qu’on ne pouvait plus sortir et que tout le monde devait être en confinement, ainsi que les aéroports.

On suivait l’information à la télé et sur internet, mais on n’avait pas compris l’ampleur de la situation.

Quand je suis arrivée en Belgique, c’est un peu bizarre de voir tous les commerces fermés, les toilettes fermés.

Je suis arrivée et je me suis retrouvée dans une ville fantôme, morte, où il n’y a rien et avec une certaine angoisse. »


Diana :

« Le confinement, je pense que c’est un peu flexible en Angleterre, c’est plutôt un « contrôle de soi », le gouvernement nous dit que nous pouvons sortir et faire du sport une fois par jour si nous avons des espaces ouverts comme des parcs près de chez nous, où il n’ait pas beaucoup de gens. Il nous conseille qu’une seule personne par foyer doit faire les courses et bien sûr rester à la maison le plus du temps possible. Personnellement, je sors cinq minutes de chez moi car heureusement j’ai l’espace pour le faire, il n’y a pas de gens mais c’est exceptionnel quand j’ai besoin de prendre l’air. Autrement je suis à la maison en faisant mon course d’anglais puisque je n’ai plus de formation en classe, ils nous ont donc demandé de le faire en ligne. Je fais aussi du sport, 30 ou 40 minutes tous les jours, pour pouvoir mieux dormir, et  chercher des manières pour être occupés et en bonne santé. »


Avez-vous tout ce qu’il vous faut ?


Michelle :

« Moi, je pense que j’ai tout ce qu’il me faut pour passer le confinement à la maison : internet, un ordinateur, de la nourriture… J’ai tout le « matériel » on peut dire. Mais physiquement, je n’ai pas les choses essentielles, comme ma famille, l’amour, tout ça. On dit que nous, les êtres humains, on a besoin de proximité, d’affection, c’est la partie émotionnelle et c’est ce qu’il me manque aujourd’hui : un câlin de ma famille, de mes amis, des gens que j’aime. C’est une situation qu’il faut vivre, il faut rester calme et surtout essayer de changer certaines habitudes qui n’étaient pas bonne. C’est ce que je me dis. Chaque jour, il faut s’améliorer, et c’est le moment de penser à ça. Bien sûr, il y a des jours compliqué, où on ne veut rien faire. Il faut être positif je pense, car c’est un moment où on se sent faible. »


Joryet :

« C’est difficile de rester à la maison, ça fait 20 jours qu’on est confinés, il faut trouver des activités pour s’occuper. Oui, je pense avoir le nécessaire pour passer cette crise dans les meilleures conditions, j’ai de la nourriture, de l’eau, de l’électricité, des bouquins et internet. »


Diana :

« Je crois que j’ai tout ce qu’il faut, j’ai de la nourriture, l’endroit où j’habite est bien, le quartier est bien aussi. Ce qui me dérange un peu c’est que je ne peux pas acheter les choses dont j’ai besoin en ce moment pour éviter une propagation comme du gel hydro-alcoolique, un masque, un savon normal antibactérien, ce type des choses sont limitées ici. Je n’ai pas pu les trouver; Par exemple, le gel hydro-alcoolique et les produits désinfectants, on ne les vend pas ici dans les pharmacies, ce que je trouve bizarre pour moi. En Colombie, tu trouves tout très facilement et près de chez toi. Cela a été très difficile surtout dans cette situation. » 


Quelle est la situation dans vos pays respectifs ?


Michelle :

« Ma famille en Amérique du Sud va bien. On peut dire que nous avons le privilège de rester à la maison. Je dis bien « privilège » parce que, malheureusement, chez moi, il y a beaucoup de gens qui n’ont pas cette chance, parce qu’ils doivent sortir pour travailler, pour manger, pour chercher la nourriture. Ça c’est compliqué, et c’est la situation de mon pays en ce moment. Il y a beaucoup de problèmes entre le gouvernement et la Maire de la ville où il y a le plus de malades. Et surtout, il y a beaucoup de pauvreté, beaucoup de gens qui vraiment n’arrivent pas à avoir l’argent pour rester à la maison, et ça c’est le plus triste. Il y a beaucoup d’inégalités entre les gens, et ça c’est le gros problème de l’Amérique du Sud, et pas seulement de l’Equateur. Dans tous les pays d’Amérique du Sud, il y a une très grande différence entre les gens et maintenant, avec la maladie… C’est vrai que la maladie touche tout le monde, peu importe si tu as de l’argent ou pas, mais si tu as cet argent, tu peux réussir à guérir de la maladie. Par contre, si tu es pauvre, tu meurs. Il n’y a pas la même condition, c’est ça le problème en ce moment. »


Joryet :

« Ils sont chez eux, même si on sait que c’est bien moins strict qu’ici en termes de règles de sécurité et c’est plus difficile par rapport à l’économie.

Ce qui me dérange le plus, c’est qu’il y a encore des gens qui pensent que c’est un mensonge, que ce sont des situations politiques.

Hier je lisais qu’il y avait des gens qui allaient à la plage et ne respectait pas tout ça, et c’est terrible! »


Diana :

« En Colombie ma famille va bien, pour le moment ils sont en train de suivre les consignes du gouvernement et ils sont aussi en confinement. Cependant, la police en Colombie peut te faire payer une amende si tu es dans la rue sans aucune justification comme par exemple si ton entreprise ne te permet pas de faire du télétravail, c’est une raison pour laquelle tu peux sortir, comme par exemple si tu vas faire tes courses. Mais oui, c’est une situation très compliquée puisque de nombreux boulots en Colombie sont informels, les personnes doivent sortir dans la rue pour travailler et avoir un salaire quotidien donc le nombre des contaminés augmente chaque jour et je m’inquiète vraiment pour ma famille. »


Avez-vous un conseil à nous donner pour les prochaines semaines à venir ?


Michelle :

« Pour finir, qu’est-ce que je peux dire ? Un petit message : restez à la maison ! Surtout, respectez les règles de confinement, essayez de rester positif, ça c’est important. Si on ne peut pas regarder le soleil, il sera quand même toujours là, c’est ce que je me dis et ce qui me motive. Bien sûr, il y a des jours compliqués, mais on doit essayer d’améliorer et s’habituer à cette situation. C’est clair qu’elle ne va pas changer vite. Surtout, restons patients, calmes, et savoir que nous ne sommes pas tous seuls, on est tous dans le même cas, et on va réussir. Merci beaucoup ! »

Joryet :

« Il faut le voir comme une opportunité de vie, essayer de rester serein, de ne pas tomber dans le désespoir. Le confinement, aussi de difficile qu’il peut être, va sauver nos vies et celles de tout le monde.

En voyant autant de décès par jour, c’est une autre opportunité et le mieux serait que cette situation nous aide à réfléchir sur ce qu’on peut mieux faire pour nous et notre environnement. »


Diana :

« Le meilleur que nous pouvons faire c’est de rester chez nous, c’est la meilleure manière de prévenir la propagation, c’est la meilleure manière de prendre soin les uns aux autres et avoir une attitude positive, bon je ne sais pas en faisant du sport, de la méditation, en apprenant peut-être à jouer un instrument. C’est le moment de faire les choses que nous avons toujours voulu faire et peut-être que, par manque de temps, nous ne les avons jamais faites, donc c’est le moment de les faire. »

Sources et morceaux : 

  • Nicola Cruz – Cumbia del Olvido

  • Mon Laferte - No te me Quites - Rap instrumental

  • Cesaria Evora & Bonga - Sodade (Efix et Edgar Remix)

  • Flavia Coelho - Sunshine

 

Un viaje a Perú

En cette période si particulière de confinement, #UnaNocheEnLatinoamerica c’est également à la maison, le micro posé sur la table de la cuisine et des voyages plein la tête.
Ceux passés et ceux à venir.

La ville de Caral, dans la vallée du rio Supe, se trouve à une centaine de kilomètres au nord de Lima, la capitale du Pérou. Elle abrite les vestiges d’une cité millénaire qui émerge dans le paysage aride, rocailleux et sableux de la costa Péruvienne. Moins impressionnants que le Machu Picchu ou autres vestiges Cusqueños, la ville sacrée de Caral-Chupacigarro passe facilement sous les radars. Et pourtant...


Jusqu’à l’exploration poussée celle-ci, le site andin de Chavin de Huantar, berceau des civilisations pré-inca était considéré, avec ses quelques 3500 ans d’existence, comme un des plus vieux du continent.
L’archéologue Péruvienne Ruth Shady Solis est en charge des fouilles et l’entretien de Caral depuis 1994, elle est celle qui a montré l’antiquité précéramique du site :

« Il y a cinq mille ans, quand se construisaient les cités sumériennes de Mésopotamie ou les pyramides de Gizeh en Egypte, ici dans cette vallée et dans d’autres du nord du Pérou se sont édifiées des installations urbaines comme celle-ci. Cela change la vision de l’Histoire que nous avions car Caral vient bouleverser ce que nous avions établi il y a plusieurs décennies à Chavin de Huantar. Maintenant nous savons que Chavin de Huantar a été le prolongement d’une tradition culturelle beaucoup plus ancienne qui a commencé il y a 5000 ans. Il suffit de connaître Caral pour avoir une idée du processus culturel qui a donné lieu, 4 400 ans plus tard, à l’Empire Inca »


Ici, le climat et la géographie sont les mêmes qu’à Caral : désert de sable et de roches, chaud l’été, humide l’hiver. Nous sommes à Lima, dans le district de San Juan de Lurrigancho, le plus peuplé de la capitale avec son million d’habitant. Le quartier s’articule autour de la ligne de métro qui serpente entre les cerros, ces collines qui marquent les premiers contreforts des Andes. Ici on vit dans la poussière, on gagne son pain comme on peut pour subvenir aux besoins de la famille, pour construire son logement. Sur les hauteurs, on survit plus qu’on ne vit, on s’organise pour pallier l’absence des services publics de base. Jenny et Jessica y habitent, elles racontent leur quotidien pour un reportage de l’Overseas Development Institute en 2015.


Jenny :

« Je suis de Cusco, de la province d’Acomayo, disctrict de Sangarara. Je suis venue ici quand j’avais 21 ans car je voyais mon père et ma mère travailler à la ferme et souffrir. Nous voulions aller de l’avant et comme je suis l’aînée de la famille et la première fille de mon père, je me suis dit que je devais aider. Je me suis dit « Je vais à Lima pour trouver peut-être quelque chose de mieux.»

« Quand je suis arrivé c’était un cerro, il était difficile de se déplacer d’une maison à l’autre alors nous nous sommes entraidé, nous avons creusé. Nous avons réparé le chemin et construit des escaliers, nous avons travaillé jour et nuit de 5 heures du matin à 10 heures le soir, nous avons récupéré et transporté le sable depuis là-haut. Voilà comment nous avons travaillé. »


Jessica :

« Je m’appelle Jessica de Guido et cela fait 6 ans que je vis ici. C’est compliqué de vivre sans eau l’été. Nous avons besoin d’eau pour laver, pour se laver, pour nettoyer la maison mais je dois m’accommoder de peu d’eau.

Il y a eu une fois où nous avons eu la dengue car nous n’avions pas d’eau. Les gens ont vidé leurs seaux, ils restaient alors des flaques dans lesquelles les moustiques sont allés pondre. Ils sont venus nous piquer et nous ont donné la dengue. Ce sont ça les conséquences du manque d’eau.

Le camion-citerne qui distribue l’eau  ne passe pas tous les jours, parfois pas pendant plusieurs jours, il n’est pas très régulier. Donc acheter l’eau, et parfois pratiquement supplier pour en avoir, c’est difficile. »

Huancavelica et ses 30 000 habitants se serrent paisiblement dans la vallée du Rio Ichu à 3700 mètres d’altitude, autour de la Catedral San Antonio, des eaux thermales de San Cristobal et à l’ombre des sommets Andins. Pour y accéder, vous pouvez prendre un train depuis Huancayo, mais ne comptez pas les heures que vous y passerez à voir lentement défiler sous vos yeux les paysages de la sierra Péruvienne.

Une fois arrivé, en sortant de la gare prenez la calle Grau puis la calle Junior Odonovan, en quelques enjambées, vous serez devant les grilles de l’Estadio Santa Ana.

Aujourd’hui, l’UDA Huancavelica affronte San Roman Juliaca en quart de finale de la Copa Peru. Après avoir empoché le nul chez leur adversaire de l’altiplano, il s’agit maintenant de se qualifier. Car une des premières places de cette compétition ouvre les portes de la première division.

Plusieurs milliers de supporters s’entassent dans les travées du stade pour soutenir les Weccas.

5-0, les Huancavelicanos iront défier Las Palmas de Cajamarca dans le Nord du pays pour continuer à rêver de pouvoir enfin affronter les clubs mythiques du pays comme la U, l’Allianza ou le Sporting Cristal.

Sources : 

Jaja – Chan Chara
Fiesta Criolla – Acuarela Criolla
Camille accompagnée par Quentin – Veinte años (chanson originale de María Teresa Vera et plus tard reprise par Buena Vista Social Club)

 

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