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#1 UNA NOCHE EN BUENOS AIRES

Écoutez-les chanter, hurler, crier, invectiver. Écoutez-les vivre le football comme on ne vit rien d’autre.
Pour cette nouvelle série radiophonique prenez place en tribunes entre les supporters déchaînés des quatre coins de l’Amérique latine. Le football raconte des histoires à n’en plus finir. Alors, pour les prochains épisodes, écrivons-en de nouvelles, ensemble.


La première d’entre elle se déroule dans l’estuaire de la Plata, entre les quartiers d’Avellaneda, d’Almagro et de la Boca. Dans une ville où chaque coin de rue peut s’enflammer sur un but de l’équipe locale, dans une ville qui fournit 12 des équipes de la première division de son pays, dans une ville qui nous aura donné Javier Zanetti, Roman Riquelme et Diego Maradona.


Una noche en Buenos Aires


Pénétrer dans Buenos Aires, vous l’aurez compris, c’est rentrer dans une ville de football où l’on peut croiser les gamins, les parents, les grands parents avec les couleurs de l’équipe locale sur les épaules. Ici on est plus que supporter, on a le club dans la peau et l’on appartient à une communauté. Rémi Belot écrit dans la revue des cahiers du football et a passé une semaine à sillonner les stades et les quartiers portenos pour y retranscrire l’ambiance dans un reportage paru en 2019 sous le nom « La cancha de tu padre »

Rémi Belot :

« Buenos Aires c’est quand même une ville impressionnante dans le sens où c’est un petit peu comme à Londres. On a une ville mais on a des dizaines de clubs et quasiment chaque quartier dispose de son club de foot. A chaque fois que tu rencontres quelqu’un, c’est vraiment le sujet de prédilection et le truc sur lequel on va te lancer forcément. Effectivement la première question qu’on va te poser c’est ‘De quien eres ?’ c’est à dire de savoir quel est le club que tu soutiens car c’est par cela en quelque sorte que tu vas te définir. C’est vraiment quelque chose d’assez unique d’avoir une ville qui s’identifie à ce point-là à un sport et dont le tissu social, associatif, amical est tissé par un sport. »

Ne dit-on pas du football qu’il est une religion ? Ne parle-t-on pas de grand-messe du football pour une finale de coupe du monde ? De la main de Dieu quand Maradona s’éleva dans le ciel de Mexico et catapulta de ses 5 doigts la gonfle dans les filets anglais en 1/4 de final du mondial 86 ? Ne parle-t-on pas des apôtres du beau jeu, de Lionel Messi, des Dieux du football ? Ne dit-on pas des supporters de ce sport que leur ferveur est religieuse quand on les voit lui offrir leur amour, leurs joies et leurs souffrances ? A Buenos Aires, dans un pays où le christianisme place sa croix sur tous les torses et dans toutes les maisons, un club semble mêler ballon rond et culte chrétien plus que tout autre.

En 1908, dans le quartier populaire d’Almagro, un groupe d’amis cherche un endroit pour pratiquer le football sans risquer de s’exposer aux agressions qui y sont quotidiennes à l’époque. Le jardin de la paroisse du coin semble parfait et le Padre Lorenzo Massa qui la gère en profite pour apporter à ces jeunes un peu d’éducation chrétienne. Cette relation marche plutôt bien et quelques mois plus tard le club de San Lorenzo de Almagro est créé. Le Padre Lorenzo n’aime pas tant le nom que cela, il est assez gêné lui qui préfère la discrétion. Mais en face de lui les jeunes gens insistent alors va : en échange ils iront au catéchisme la semaine, à la messe le dimanche et porteront un maillot aux couleurs d’un voile de la vierge Marie : grenat et bleu marine. Puis San Lorenzo sera aussi en référence à l’une des premières batailles d’indépendance des Argentins en 1813 et de St Laurent de Rome le patron des pauvres.


Vous trouvez que le club est chargé de symboles ? Attendez la suite. Jorge Mario Bergoglio, 83 ans est socio du club depuis sa plus tendre enfance, mais si son nom ne vous dit rien c’est que vous le connaissez sous un autre patronyme: Pape François. 
Et ce n’est pas une petite fierté pour le club. En 2013 lorsque celui que l’on appel là-bas Papa Francisco accède au pontificat, le porte-parole de San Lorenzo déclare que c’est l’un des plus grands évènements de l’histoire du club.


Un peu plus d’un an plus tard, un autre miracle se produit. Le club remporte pour la première fois de son histoire la plus prestigieuses des coupes d’Amérique du sud, la copa libertadores. Comment ne pas croire que ce club est béni ?


Prenons à présent la direction du quartier d’Avellaneda. Situé dans l’est de la capitale argentine, au bord du rio matanza-riachuelo et à quelques enjambées des docks, Avellaneda possède deux clubs. Les rouges de l’indepediente et les blancs et bleus du Racing Club, respectivement 16 et 18 titres de champions d’Argentine. L’estadio libetadores de America d’un côté et le cilindro de l’autre. Mais d’un côté et de l’autre de quoi ? D’une rue simplement, ces deux stades de 60000 places sont espacés de 200 mètres. Voilà les ingrédients du derby, l’historique, celui de deux clubs fondamentalement ennemis car beaucoup trop proche l’un de l’autre.


Rémi Belot :

« Le terme de derby il est particulièrement adapté. L’une des choses qui m’a beaucoup marquée c’est que j’ai même dû acheter un billet aux guichets du Cilindro pour aller voir un match de l’Indepediente.
C’est une rivalité très forte qui s’inscrit dans l’urbanité de la ville. Quand on va voir les matchs d’un club ou de l’autre on va prendre exactement les mêmes lignes de bus, on sort aux mêmes endroits, on se retrouve pour boire des bières aux mêmes bars autour. En plus cette dichotomie est très marquée avec graphiquement un club rouge et un club bleu. »


Le 23 février 2019, dans l’antre de l’indepediente a lieu un derby capital à quelques matchs de la fin du championnat. En effet le Racing peut prendre plusieurs points d’avance et faire un grand pas vers le titre. Pour cela, l’équipe peut compter sur son homme en forme : Lisandro Lopez. A bientôt 36 ans, l’enfant du club vit une seconde jeunesse. Après une carrière en Europe du côté de Porto et Lyon, cet attaquant qui a su s’attacher l’amour des supporters partout où il a foulé les pelouses est revenu dans son club formateur à 33 ans. Mais pas en pré-retraite non, pour les argentins il s’agit de revenir à ses premières amours pour donner de son talent, de son expérience et pourquoi pas gagner quelques titres avant de définitivement raccrocher les crampons. C’est le cas de Diego Maradona à Boca Junior pour le plus connu, mais également de Riquelme et Carlos Tevez dans le même club, ou de Diego Milito au Racing Club. Il se dit même que Lionel Messi pourrait en faire de même aux Newells Odl Boys, le club de Rosario.


Mais revenons-en à notre derby et à Lisandro Lopez, écoutez plutôt :

Un but pour donner l’avantage au Racing et une passe décisive pour sceller la victoire de son club. Quelques semaines plus tard, il soulèvera avec ses coéquipiers le trophée de champion d’argentine et perpétuera la légende de ces grands joueurs argentins qui pour rien au monde ne manqueraient de de revenir sur leurs terres avant de dire définitivement « au revoir ».


« La copa libertadores es mi obsesion », vous l’aurez compris ici on a l’habitude des titres et pour cause, nous sommes dans la Boca.  Si vous suivez le football, le club de Boca Junior vous est au moins familier. Il nourrit les fantasmes entre son maillot bleu barré d’une bande jaune, l’ambiance délirante de son stade, la Bombonera et ses joueurs mythiques tels que Carlos Tevez, Roman Riquelme, Gabriel Batistuta et bien sûr celui dont l’empreinte reste indélébile : Diego Armando Maradona.


Le quartier de la Boca, c’est plutôt celui où l’on vous  dit de ne pas trop traîner seul, surtout si vous êtes un gringo avec l’appareil photo et l’attirail classique du touriste.  Pourtant c’est celui qu’il ne faut pas manquer si vous ne voulez pas passer à côté de l’authenticité de Buenos Aires et de sa plus grande attraction.

Rémi Belot :

« Quand on se rend à Buenos Aires, parmi les choses qu’il y a à faire, il y a : aller voir un match à la Bombonera. De ce fait là c’est compliqué d’avoir d’avoir des places parce qu’il y en a pas mal qui vont être préemptée par des tours opérateurs, par des agences de voyage qui réservent des places pour des gens qui sont même pas forcément fans de foot. Dans les pourtours du stade, c’est très impressionnant, on voit défiler des groupes touristiques avec un guide avec son petit drapeau et une fil de 10 ou 15 personnes qui suivent. La difficulté si l’on ne veut pas passer par une agence et payer son billet hors de prix c’est d’y aller à la débrouille. On rencontre des gens, on essaye de rencontrer des hinchas, on essaye de réseauter un petit peu pour trouver une façon de voir le match. »

 

Une fois le précieux sésame glané, on se retrouve bel et bien dans une des plus belles ambiances au monde.

Rémi Belot :

« La Bombonera c’est un stade mythique avec une tribune de bout. C’est à dire qu’en termes de densité de population dans la tribune, ce n’est pas du tout le même ratio que ce que l’on peut connaître en Europe. Avec des tribunes qui se répondent, avec des chants qui sont non-stop quasiment pendant l’intégralité du match. C’est représentatif de ce que représente le foot dans le milieu Argentin, c’est ancré en eux».


Vous l’aurez compris à travers ses trois clubs, Buenos Aires est un terrain de football, une « cancha » à ciel ouvert, une ville qui vibre de la passion de ses supporters. Buenos Aires c’est un livre sans fin pour raconter par son football, ses gens, leurs histoires, leurs luttes, leurs amours, leurs peines ou encore leurs croyances.


Sources et Playlist : 

  • Gotan Project – Santa Maria (Del Buen Ayre)

  • Gotan Project – Vuelvo al sur

  • Manu Chao – La vida tombola (Estacio Mexico)

 
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#2 LE CLASSIQUE DES BASTONAZOS

Si vous vous promenez dans Lima, la capitale péruvienne, et que vous avez la chance d’avoir un bon guide ou quelques bons filons, vous pourriez découvrir le complexe archéologique de Puruchuco. Au pied de la colline du même nom, entre les quartiers de Vitarte et de Mayorazgo on se balade dans les vestiges de ce centre administratif et religieux tour à tour occupé au moyen âge par les Ychmas puis par les Incas.

En continuant au-delà du site par les sentiers poussiéreux qui serpentent en surplomb de la ville, par un après-midi de samedi par exemple, une clameur viendrait vite chatouiller les oreilles. Une clameur qui se ferait plus nette au moment où vous découvririez les drapeaux, puis les tribunes et enfin les travées de l’estadio monumental de l’Universitario de Deportes.


El clasico de los bastonazos


El clasico de los bastonazos c’est le derby de Lima, le match ultime du championnat domestique, celui qui oppose depuis près de 100 ans les blanc et bleu de l’Alianza Lima et les crème et grenat d’Universitario de Deportes, la U. Comme tout derby, tout clasico comme disent les limenos, il nourrit une rivalité à fleur de peau entre les supporters des deux clubs, donne lieu à des ambiances ardentes que ce soit dans l’estadio monumental, l’antre de la U ou dans l’estadio Alejandro Villanueva, celle de l’Alianza. Comme chaque derby cette rivalité est avant tout sportive, on se bat pour être mieux classé que l’adversaire, remporter plus de titres. Mais comme chaque derby, cette rivalité raconte bien plus que des parties de ballon rond.

Allez, on rembobine et on remonte à un temps où le football vit ses balbutiements à des milliers de kilomètres de là.


En 1821, le Pérou vient de vivre plus de trois siècles de troubles. Une guerre civile au sein de l’empire Inca, puis l’arrivée des colons espagnols qui se sont emparé de la grande majorité du continent dans le sang.  Durant la période coloniale, Lima est née ex-nihilo au milieu de désert de la côte pacifique pour devenir la place forte des empires coloniaux d’Amérique du Sud. Port, université, administrations, tout était réuni pour favoriser une expansion à vitesse grand V.


Seulement voilà à chaque apogée son déclin. Au fil des guerres qui font rage en Europe et qui rebattent les cartes des stratégies sud-américaines, ces compétences seront progressivement transférées dans l’estuaire de la Plata, entre Argentine et Uruguay.
Au sortir de la guerre d’indépendance, le Pérou connaît encore plusieurs années d’instabilité politique et le développement de sa capitale est paralysé. Au milieu du 19eme siècle, Lima est exsangue. Mais à partir de 1850 justement avec le commerce du guano qui sert de fertilisant pour les cultures, Lima va progressivement se relever et entamer sa révolution industrielle.


On assiste à un exode rural massif, à l’installation d’usines et donc à un boom démographique qui engendre la construction de nouveaux quartiers pour y loger les ouvriers. C’est le cas de La Victoria dans lequel des ouvriers vont s’emparer de ce sport pratiqué par les anglais qui débarquent au port de Callao. Ils vont s’en emparer au prix des quelques moments de loisir qu’ils s’octroient pour fuir les affres du quotidien. Ils vont s’en emparer et créer une alliance, littéralement une Alianza, celle de Lima.


Zain habite Lima, il est supporter de l’Alianza et nous explique que le contexte dans lequel le club est né le transcende toujours, plus de 100 ans plus tard :

 « L’équipe de l’alianza Lima était composée de métisses ou de personnes plutôt humbles qui au début des années 90 ne possédaient pas des emplois bien considérés par la société. Cette histoire portée par ses valeurs, comme l’humilité qui règne dans l’équipe depuis de nombreuses années, des valeurs comme celles de surmonter les choses, vouloir aller loin sans perdre le pilier de l’humilité qui se reflète notamment dans des personnes, ces dernières années, comme Claudio Pizarro, Jefferson Farfan ou Paolo Guerrero. »


Le club d’Universitario de deportes voit le jour en 1924 soit 23 ans après l’Alianza. Cette fois-ci pas de quartier ouvrier, mais les étudiants de l’université de San Marcos, la plus ancienne et la plus prestigieuse du continent. La Federacion Universitaria de football qui deviendra quelques années plus tard l’Universitario de Deportes ou plus simplement la U est fondée par des étudiants en lettre et en médecine.

L’idée est bien évidemment une pratique du sport pour les étudiants, quelque chose devenu au fil des années assez basique pour les universités des quatre coins du globe. Mais c’est également un affront envers les pontes de l’académie qui estimaient que la pratique du sport les détournerait de leur cursus académique.

Finalement leur volonté aura été plus grande que celle de leurs détracteurs et ces étudiants plein d’idéaux croisent la route de l’Alianza pour la première fois en 1928 avec un match qui laissera une trace pour le moins indélébile comme en témoigne Zain :


« La rivalité naît surtout lors de la première rencontre que les deux équipes se sont disputée. Et cela s’est terminé par une énorme bataille dans la tribune où des gens riches, en costume et chapeau et surtout supporters de l’équipe adverse ont commencé à taper avec des bâtons les supporters de l’Alianza Lima lorsque ceux-ci réclamaient 5 expulsions au sein de leur équipe. Depuis, et jusqu’à aujourd’hui, chaque match qui a été disputé entre ces deux équipes se vit dans l’euphorie et l’enthousiasme.»


Vous sentirez comme un ressentiment dans ces propos mais c’est pourtant bien les faits qui sont rapportés le lendemain, avec certainement une forme plus neutre par les canards locaux : bagarre générale sur fond d’expulsions en série, d’insultes racistes et de lutte des classes. Ce match gagnera aussi un nom pour l’éternité, « El clasico de los bastonazos » en références aux armes du crime, les cannes des bourgeois, les bastones en espagnol.


Pour paraphraser Aldo Panfichi, sociologue péruvien, ce derby cristallise toutes les tensions sociales, économiques, politiques et culturelles du Pérou.

Ah oui et le score de ce premier derby : 1-0 pour la U.


« Pour nous les hinchas qui sommes présents au stade pour chaque match,  l’universitario représente une sorte d’apaisement. La U c’est un tout absolu, je suis toujours là quand elle a besoin de moi et elle est toujours là quand j’ai besoin d’elle. C’est un très bel amour. »


Ce sont les mots de Katerine Guerrero, supportrice de la U depuis son plus jeune âge. Et ils sont représentatifs des ceux des autre hinchas que vous pourrez croiser qui témoignent toujours d’un amour de jeunesse, d’une relation fusionnelle à leur club et qui en parlent les yeux embués.


Aujourd’hui il n’existe plus vraiment cette dichotomie entre un club riche et blanc et un autre d’ouvriers métisses. Les classes se sont brassées, les joueurs de toutes origines jouent pour les deux clubs et des supporters de toutes classes sociales soutiennent les soutiennent. Mais la rivalité qui s’est renforcée au fil des décennies, des matchs, des buts, et des titres glanés par l’une ou l’autre des équipes est toujours là. Les valeurs insufflées par les fondateurs des clubs sont-elles aussi parfaitement préservées.


Et pour finir, comment ne pas vous parler du clasico de 1995. Celui qui vit les deux équipes s’affronter par une chaude après-midi de mai. Alors qu’à la mi-temps les joueurs regagnent les vestiaires sur un score déjà spectaculaire de 2-2, la deuxième mi-temps fera chavirer les supporters aliancistas. Score final 6-3 pour l’Alianza.

 

« Porque Alianza es el Peru y el Peru es Alianza. Arriba Alianza ! »


Sources et Playlist :

  • Nicola Cruz – Colibria

  • Los embajadores criollos – Lima de antano

  • JAJA – Elega al che

  • Los hijos del sol – Carinito

 
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#3 LA MANO DE D10S

Génie et tricheur. Ange et démon. Adulé et détesté. Héros et rebelle. Dieu en Argentine et cauchemar en Angleterre. Il n’est pas un personnage, il en est plusieurs. Chaque décennie est un nouveau chapitre dans la vie du numéro 10 légendaire de la sélection argentine. Chaque sortie médiatique, ou chaque image du Pibe, est scrutée par les observateurs. On le vénère ou on le déteste. Ce gamin issu d’un quartier pauvre de Lanus, à côté Buenos Aires, est devenu une légende du football. « Pourquoi vous me comparez à Pelé ? » disait-il. « Ma mère m’a toujours dit que j’étais le meilleur et j’ai été élevé en croyant toujours en ce que ma mère me disait ».

Plongée dans l’univers contesté de Diego Armando Maradona

En 1982, la junte militaire au pouvoir en Argentine et le gouvernement de Margaret Thatcher au Royaume-Uni se déclarent officiellement la guerre dans l’Atlantique Sud, à propos de la souveraineté   des plusieurs iles, dont les iles Malouines situées à près de 2 000 km de Buenos Aires. Le conflit, dont les plaies restent ouvertes aujourd’hui, le territoire étant toujours considéré comme un territoire britannique d’outre-mer, est devenu l’un symbole du rejet du néo-colonialisme européen en Amérique Latine. La victoire du Royaume-Uni permettra à la Dame de Fer d’être réélue lors des élections qui ont suivi. L’Argentine, quant à elle défaite, pansera les plaies d’une instabilité politique et économique chronique. Elle pleurera ses 650 jeunes soldats morts sur le champ de bataille, entre avril et juin 1982.

Le 22 juin 1986, au stade Aztèque de Mexico City, se joue le quart de finale de la Coupe du Monde de Football. Ironie du sort, signe divin, l’Argentine et l’Angleterre s’affronte. Ce match est plus qu’une partie de foot, il se transforme en la revanche d’un peuple, pour sa dignité et ses enfants morts au combat. La sélection argentine est portée par son phénoménal numéro 10 alors âgé de 25 ans, Diego Armando Maradona, qui joue alors depuis deux ans dans le club de Naples en Italie, nation championne du monde quatre ans auparavant mais éliminée par la France de Michel Platini, en huitièmes de finale.

Revenons à ce quart de finale historique entre l’Albiceleste argentine et l’Angleterre. En rentrant sur la pelouse, les deux équipes s’observent. La tension est palpable. La légende raconte que Diego Maradona lança à ses coéquipiers les mots suivants à propos des adversaires du jour, après que l’hymne national ait retenti : « Les gars, pour nos enfants morts, nous allons les manger ».

Le match débute et, à l’issue de la première période, les deux équipes sont à égalité, 0 à 0.

En deuxième mi-temps, et très précisément à la 51è minute, une action un peu brouillon est menée par l’attaque argentine. Le ballon est envoyé involontairement en l’air par le défenseur anglais Steve Hodge vers son gardien Peter Shilton. Surgit alors un ange de 164 cm, qui va au contact de Shilton. Tout va très vite et le numéro 10 argentin arrive à propulser le ballon dans le but, au grand regret des Anglais qui réclameront une main. L’arbitre du match validera le but qui sera qualifié par Diego, lors de la conférence d’après-match, comme celui marqué par « un peu avec la tête de Maradona et un peu avec la main de Dieu ». Voilà le match lancé, l’Argentine mène alors 1 à 0.

Peu de temps après, à la 56ème minute de jeu, le ballon est au milieu de terrain, dans le camp argentin. Hector Enrique, milieu de terrain de la sélection, passe alors la balle à Diego Maradona. Ce dernier crochète, se retourne, accélère, puis se lance dans une course folle. Il dribble quatre joueurs : Beardsley, Reid, Butcher deux fois, Fenwick, puis se présente devant le gardien Shilton, qu’il dribble à son tour, avant de glisser le ballon au fond des filets pour la seconde fois. Le but est magistral, venu de nulle part. C’est même le but du siècle pour les commentateurs les plus avisés.


L’émotion est énorme, l’Argentine tient sa revanche sportive, politique, militaire, qui s’est jouée à 11 contre 11. Victor Hugo Morales commente le match à l’époque, pour la télé argentine. Son explosion de joie parle d’elle-même...

L’Argentine reviendra du Mexique avec le titre mondial en poche et Diego deviendra définitivement le héros de toute une nation. Le gamin rêveur et modeste qui, à ses 12 ans, rêvait de jouer pour l’équipe nationale et gagner une coupe du monde, a montré qu’il pouvait forcer le destin. Maradona est un enfant sacré, il est la Main de Dieu.


En club, et notamment à Naples, Diego alimentera également la légende, grâce à un football révolutionnaire, spectaculaire, des coups d’éclats un nombre de buts incalculables. En provenance du grand FC Barcelone, il arrive en Sicile en 1984 et à la surprise générale, dans le club napolitain qui stagne en milieu de tableau. La saison qui suivra le mondial mexicain, il emmènera Naples vers son premier titre de champion d’Italie, détrônant les grands clubs du Nord du pays. Diego Maradona restera 7 ans au Napoli, duquel il reviendra avec deux titres de champion, une coupe d’Europe, une coupe et une Supercoupe d’Italie. Magique pour un club qui n’avait rien gagné jusqu’alors.

La côte de popularité de Diego Maradona explose durant ces quelques années. Le Pibe a des jambes de feu. C’est là que tout bascule…

Diego est un footballeur qui, malgré la réussite, se concentre sur son jeu. Il est arrivé à Naples, insouciant et avec le souhait de jouer pour une équipe. Malheureusement, la ville de Naples souffre d’une réputation qui la précède. C’est la Mafia qui contrôle la ville et ça, Diego ne le sait pas.

Début 1986, Diego Maradona change d’agent et c’est l’imprésario Guillermo Coppola qui le prend sous sa gouverne. Coppola est un banquier qui a ses entrées dans le show-business local. Il promet à Diego de devenir millionnaire. Ce dernier lui fait confiance, après avoir remercié son agent historique Jorge Cyterszpiler, qui le suivait et le protégeait depuis ses débuts. Sauf que… Coppola a d’étroites relations avec des personnages locaux plutôt infréquentables, comme le clan Giuliano, qui opère pour la Camorra, dans le centre de Naples. En plus de promettre une protection rapprochée à Diego Maradona, la famille Giuliano finit par lui fournir de la cocaïne.

Le 17 mars 1991, Diego Maradona est contrôlé positif à cette drogue dure et sera condamné à 15 mois de suspension par les autorités italiennes. L’ange Diego est devenu le démon Maradona.

Il quittera Naples pour Séville en Espagne, avant de revenir en Argentine pour y terminer sa carrière. Diego Maradona a pris du poids. Il est devenu cocaïnomane et ne réalise plus les mêmes coups d’éclat sur le terrain. Il quittera définitivement les terrains en 1997, à l’issue d’une saison terne au Boca Junior de Buenos Aires. Un signe pour celui qui est nait à quelques kilomètres de là, 37 ans plus tôt.

Lors de son discours d’adieu à la bombonera, le stade mythique du Boca, il demandera pardon :

"J'attendais tellement ce match, et voilà c'est fini. Espérons que cet amour que je ressens pour le football ne se termine jamais et que cette fête ne se termine jamais, que l'amour que vous avez pour moi ne se termine jamais... Je vous remercie au nom de mes filles, de ma mère, de mon père, de Guillermo et de tous les joueurs de football du monde entier. Le football est le sport le plus beau et le plus sain au monde. Que personne ne doute de ça. Ce n’est pas parce que quelqu’un se trompe que le football doit payer. Je me suis trompé et j'ai payé, mais on ne peut pas salir le ballon !"

La suite n’est qu’un enchaînement de problèmes de santé. Il est hospitalisé plusieurs fois à la suite de malaises cardiaques provoqués notamment par la consommation excessive d’alcool et de tabac. Il prend du poids et doit subir un pontage gastrique, avant de suivre une cure de désintoxication. Lors d’une interview accordée au réalisateur Emir Kusturica pour la réalisation d’un film sur la star argentine, Diego reviendra d’ailleurs sur son passé à propos duquel il exprime de nombreux regrets :

"Je suis né dans le football et je savais déjà qui j'allais être. Ce que je ne savais pas, c'est que j'allais prendre de la cocaïne. Je savais que j'allais acheter une maison à ma mère, que j'allais me marier, que j'allais avoir ma famille, que j'allais voyager dans le monde, que j'allais devenir champion avec l'Argentine. Je l'ai dit quand j'étais petit, ça a été filmé! Je savais tout ça. Ce qui se passe, c'est que plus tard, cette merde m’a enlevé beaucoup de choses et qu'aujourd'hui, malheureusement, je me sens coupable à l'intérieur de moi. On pourrait me dire que je vais très bien, ou que je vais mieux, ou que je vais mieux qu'avant. Mais personne n'est en moi. Je sais l’erreur que j’ai commise."

Diego Maradona est dans l’excès, en permanence. Il se joue des journalistes, du public, de ses ennemis comme de ses admirateurs. Chacun de ses faits et gestes est commenté. Il est toujours dans la controverse. Lui qui ne souhaitait pas parler de politique finira par s’ancrer à gauche et se rapprocher de Fidel Castro d’abord, qu’il considère comme son deuxième père, puis du président vénézuélien Hugo Chavez et du président bolivien Evo Morales, au côté desquels il sera lors de l’ouverture du 4ème sommet des Amériques en 2005, à Mar del Plata, dans son pays. Il s’opposera publiquement à la politique nord-américaine du président George W Bush :

"Je ne pense pas qu’il puisse décider pour nous tous, pour tout le monde. Il a la bombe toujours plus grosse tous les ans, mais cela ne signifie pas qu'il a le pouvoir. Le pouvoir, c'est ne pas avoir de bombe et être capable de tuer cinq mille personnes. Pour moi, c'est un meurtrier sans scrupules. Si vous voulez on parle de Bush ... Ils rejettent la faute sur les Colombiens au sujet de la cocaïne. Les Colombiens produisent mais ce sont bien les américains qui la consomment. Oh, oui, bien sûr ...

  - Les américains contrôlent la drogue?

- Bien sûr!"

Le 30 octobre 2020, Diego Armando Maradona fêtera ses 60 ans. 60 ans d’une vie aux multiples facettes. Héros d’un après-midi mexicain, consommateur de drogue lors des nuits napolitaines, révolutionnaire anti-capitaliste aux côtés des leaders de la gauche sud-américaine, sélectionneur de l’équipe nationale argentine, entraineur de clubs à l’international, chanteur à ses heures perdues, présentateur télé, commentateur, père de famille, époux…

Quoiqu’il en soit, en l’espace de 60 ans, l’enfant Diego aura eu mille vies, en réalisant ses rêves de gosse. Il sera devenu Maradona, le fils de Dieu.  


Musique et sources : 

  • Rodrigo - La Mano de Dios, interprétée par Diego Maradona

  • Hymne National Argentin

  • "Le But du Sièce" - commenté par Victor Hugo Morales

  • Mercedes Sosa - Todo Cambia

  • Discours de Diego Maradona, match d'adieu à la Bombonera

  • Interviews de Diego Maradona - "Maradona par Emir Kusturica"

  • Mano Negra - Santa Maradona    

 
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#4 EL MAS GRA/NDE DE COLOMBIA

Pour nous Colombiens, le football est le sport le plus important et le plus populaire du pays, l'identité qu'il génère chez nous est indéniable. Il fait naître en nous des émotions, des sentiments et ce, indépendamment de l’éthnie ou de la classe sociale.

La Colombie est un pays avec un régionalisme particulier, nous avons différents climats, dialectes et modes de vie. Nous pouvons entrer en conflits d'opinion simplement parce que nous voulons que notre ville soit considérée comme la meilleure. Et c'est comme ça que nous sommes dans le football aussi, nous voulons pousser la passion pour notre club à l'extrême, peu importe la raison ou le résultat obtenu lors d'un match précédent.

Je vais vous raconter l'histoire de l'équipe la plus importante et la plus titrée du football colombien. Atlético Nacional de Medellín.

El verde paisa comme on l'appelle en Colombie, est une équipe de football de la région d'Antioquia, qui devient professionnelle le 7 mars 1947 sous le nom d'Atlético Municipal. A cette époque l'objectif est clair: recruter des jeunes de la région pour placer au plus haut niveau le progrès et la force qui caractérisent les coutumes de cette ville.

Les débuts en championnat ne  sont pas faciles. Le club est bloqué dans le ventre mou du classement fidèle à son idéologie d’une équipe bâtie avec les jeunes de Medellin. Ceci alors que ses adversaires commencent déjà à recruter des joueurs étrangers qui surpassent la jeunesse de l’Atletico. Des séries de défaites conduisent l'Atlético Municipal à changer, il est temps d'embaucher des joueurs d'autres villes de Colombie, de laisser la place à un nouveau nom (éternel : je voudrais le laisser)… celui d’ Atlético Nacional.

Au milieu des années 50, le Nacional obtient son premier titre de champion et c'est ce triomphe qui donne naissance à ce morceau fin 1954, en l'honneur de ces premiers héros qui font la joie du football d'Antioquia, année où l'histoire de ce grand club commence à se forger.

Pour l'institution verdolaga, les années 60 sont à oublier, il n’y a pas vraiment  de bons résultats et l’on pourra uniquement mettre en valeur la place de dauphin obtenue en 1965. Lors de la décennie suivante, l'Atlético Nacional remporte deux autres championnats et en 1981, son quatrième titre. Évènement notable car au dépens de son puissant rival, l'América de Cali, qui a fini par quitter le terrain avant la fin du match sur ordre de son entraîneur, furieux d’un penalty sifflé dans les arrêts de jeux. La joie et la célébration des supporters verts dans le stade sont éclipsées par l'attitude de leurs rivaux considérée comme un manque de fair play. L'América de Cali de cette époque commençait à se distinguer en ayant remporté le championnat à trois reprises, avec une grande équipe de joueurs internationaux. Toutes ces performances l'ont conduit à trois finales de la Copa Libertadores, ce qui met encore plus en valeur le succès de l’Atletico Nacional.

En 1987 l’équipe est en fin de cycle, les joueurs partent et l’on revient aux fondamentaux : miser sur des jeunes de la région d’Antioquia. 

La philosophie de l’équipe que l’on appelle aujourd’hui les PUROS CRIOLLOS, dirigée par Francisco Maturana, qui a mis en œuvre une idée du jeu qui fait partie intégrante du club, et qui est respectée internationalement ... faire vivre le ballon et respecter l’adversaire. Cette année-là, malgré des débuts compliqués et semés de doutes pour l’entraîneur et ses principes, les choses commencent progressivement à se mettre en place.

Pour placer les choses dans leur contexte, la Copa Libertadores de América est le tournoi de clubs le plus important d'Amérique du Sud. Les participants sont les deux meilleures équipes de chaque pays, avec un format similaire à celui de la Coupe du monde. En 1989, l'Atlético Nacional en est, grâce à sa place de second l'année précédente derrière Millonarios, le club de Bogota qui était l'une des équipes favorites pour remporter ce championnat grâce à son jeu et à ses joueurs.


Personne qui suivait le football à l’époque n'aurait imaginé l'année fantastique que le verde paisa aurait et la rivalité qui naîtrait après un match dans cette coupe. Le Nacional passe la phase de groupes sans revers et en quarts de finale, il rencontre son éternel rival, Millonarios, l'équipe qu’ils n'avaient pas été en mesure de battre depuis deux ans.

Lors premier match à Medellín, le Nacional gagne 1-0, mais ce court avantage  laisse de nombreux fans nerveux et joueurs de Millonarios confiants en leurs chances de se qualifier lors du match retour à Bogota. Par son histoire, par la qualité de son équipe et par sa force, Millonarios est favori pour le match retour. Mais dans le football rien n’est écrit. Lors de cette fameuse partie le 26 avril, le stade est plein de supporters bleus, convaincus de l’issue positive qui leur est destinée.

Ce n'est pas un bon match en termes de football, mais plutôt un match disputé avec  véhémence et brutalité. Millonarios marque en première mi-temps et en début de deuxième les Bogotanos réclament un pénalty qu’ils n’obtiennent pas. L’ambiance entre les supporters et l’arbitre se tend, les joueurs locaux n'ont de cesse que de se plaindre du pénalty non sifflé.

Le match continue, et à la 80e minute le Nacional marque ! C’est le but de la qualification pour le tour suivant. C’est alors qu’une pile est jetée de la tribune et frappe le joueur paisa en train de célébrer son but. Commencent alors 7 minutes de bagarres, d’invectives et d’expulsions en série. Le jeu reprend finalement et Millonarios n'arrive pas à marquer avant la fin du match.

Le verde paisa passe au tour suivant contre toute attente et les joueurs de Millonarios poursuivent l'arbitre, qui a très vite quitté le terrain pour éviter de se faire agressé.

Ce match représente le sommet de l’animosité dans laquelle les supporters mettent encore aujourd’hui tant d’énergie. La rivalité entre les paisas et les citoyens de la capitale s'est accrue, et cela reste un évènement marquant du football colombien. Dans la mémoire collective Le Nacional a éliminé Millonarios dans un match décisif chez lui devant ses supporters qui en l’oublieront jamais. Depuis ce jour, l'équipe de la capitale a du mal à  battre le Nacional et leurs titres se font de plus en plus rares.

En final, le Nacional rencontre une difficile équipe d’Olimpia de Paraguay qui sur son terrain gagne le match aller par 2 buts à zéro dans une atmosphère hostile et difficile. Le match retour ne peut avoir lieu dans l’antre des Paisas, en raison de problèmes de capacité. L’équipe doit recevoir dans une autre ville de Colombie et le stade retenu est le Campin de Bogotá.

Le Nacional réussit à marquer deux buts pour revenir à égalité et finir aux tirs au but. C’est ce moment qu’un gardien de but choisi pour se mettre en valeur et faire basculer la gloire côté colombien. C’est sans aucun doute, c'est l'un des moments les plus dramatiques de l'histoire du football, car tandis que René Higuita arrête tous les tirs des Paraguayens, les joueurs Paisas ratent également un certain nombre de penaltys. Au final, la chance est du côté des puros criollos et pour la première fois une équipe colombienne devient championne du tournoi le plus prestigieux du football sud-américain.

Après cet exploit, Nacional remporte le droit de disputer la finale de la Coupe Intercontinentale des clubs au Japon, contre le flamboyant AC Milan. Cette rencontre se termine sur un score de 1 à 0 en faveur des Européens, mais le verde paisa  fait honneur au football colombien, faisant une bonne préstation et allant même en prolongations.

En 1995, le Nacional est déjà un grand club, avec un succès en copa Libertadores et six titres remportés dans le championnat domestique. Les puros criollos veulent réitérer ce genre de performances et c’est précieusement cette année qu’un nouveau défi se présente à eux.

Cette archive date du 9 août 1995  et est l’oeuvre d’un seul homme. ‘El loco Higuita’, le même qui avait reçu les applaudissements des supporters anglais pour son coup du scorpion à Wembley, se montre décisif en marquant un coup franc lors d’un match crucial de copa libertadores au stade de Medellin face aux argentins de River Plate.

Au delà de cette prestation, lors du match à Buenos Aires, René est une fois de plus indispensable pour accéder à la finale, auteur d’une belle performance dans les 90 minutes et sauvant un penalty pendant la séance de tir aux buts.

En 1996, une puissante organisation colombienne parie sur Nacional comme base d'investissement dans le football, projetant le club non pas comme une équipe, mais comme une véritable industrie, basée sur un processus de recherche et développement marketing, pour rendre plus fortes les passions que l'institution génèrent à chaque fois qu’elle joue.

Les conséquences sont directes et le clubs se met à remporter plus de titres. Toute cette planification et organisation du point de vue managérial porte ses fruits. Et en 2016 le Nacional réussi une nouvelle épopée en copa libertadores.

Lors des quarts de finale, le Nacional souffre beaucoup, l'équipe argentine de Rosario Central est venue à Medellín avec un avantage d’un but glané lors du match allé. Et comble du malheur, ils sont devant au tableau d'affichage avec un penalty obtenu dans les premières minutes de jeu. Le verda paisa est alors contrait de marquer à trois reprises pour passer au tour suivant. La match devient compliqué, mais avec de la patience et un bon jeu, le Nacional réussi à marquer les buts qui le qualifient pour les demi-finales, le dernier d'entre eux, à la 94e minute devant des supporters en délire.

Lors des demies-finales, le Nacional se défait de Sao Paulo en laissant l’image d’un bon football, en particulier dans le match au Brésil qu'il remporte par 2 à 0.

À son apogée, el verde dispute le titre face à l’équipe équatorienne  d’Indepediente del Valle qui s’est débarassé du légendaire Boca Junior en quart de finale. Le match allé se termine sur le score de 1-1 à Quito et le 27 juillet à l’ Atanasio Girardot, dans  son stade, l'équipe Paisa se contente d’un but pour remporter leur deuxième copa Libertadores, cette fois dans leur stade et avec l’amour de leurs supporters.

Lucho Ortiz, depuis Bogota - Colombia

 

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