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Les leaders assassinés

On compte malheureusement par milliers les leaders sociaux, écologistes, journalistes, professeurs et étudiants assassinés sur le continent qui, de par leur activisme, dérangeaient la classe dirigeante.

Retour sur plusieurs portraits de militant(e)s et sur leur lutte.

 

Episode #1
#BertaVive

"Dans nos cosmovisions, nous sommes des êtres nés de la terre, de l'eau et du maïs. Des rivières nous sommes les gardiens ancestraux, le peuple Lenca, protégés par les esprits des jeunes filles qui nous enseignent que donner la vie de multiples façons pour la défense des rivières, c'est donner la vie pour le bien de l'humanité et de cette planète.

Le COPINH, marchant avec d'autres peuples pour son émancipation, ratifie l'engagement de continuer à défendre l'eau, les rivières et nos biens communs et la nature, ainsi que nos droits en tant que peuples.

Réveillons-nous! Réveillons-nous Humanité! Il n'y a pas de temps.

Nos consciences seront ébranlées par le fait que nous n'envisageons que l'autodestruction fondée sur la déprédation capitaliste, raciste et patriarcale.

La rivière Gualcarque nous a appelés, ainsi que d'autres qui sont gravement menacées dans le monde entier. Nous devons nous secouer.

La Terre Mère militarisée, encerclée, empoisonnée, où les droits élémentaires sont systématiquement violés, nous oblige à agir.

Construisons alors des sociétés capables de coexister de manière juste, digne et pour la vie.


Rassemblons-nous et continuons à défendre et prendre soin du sang de la terre et des esprits."

Discours de Berta Caceres, lors du Prix Goldman 2015 - San Francisco (USA)


Le Honduras est un pays d’Amérique centrale, peuplé par un peu plus de 9 millions d’habitants, et qui a connu, en 2009, un coup d’état fomenté par les élites économiques et les multinationales établies dans le pays,  qui craignaient le rapprochement du celui-ci avec l’ALBA, l’alliance Bolivarienne pour les Amériques. 


Cette organisation, créée en décembre 2004 à La Havane, en opposition à la proposition d’une zone de libre-échange des Amériques, assume des positions de défense des droits de la Terre-Mère et des droits de l'Homme, ainsi que le rétablissement de la paix et pour l'autodétermination des peuples.


Depuis ce coup d’état que nous pourrions qualifier de « politico-économique », le gouvernement hondurien a accordé aux multinationales, souvent proche du pouvoir, l’ouverture de 89 concessions minières et hydroélectriques. Au moins 177 rivières ont été affectées ces dernières décennies. Les sols s’assèchent et les cultures rapportent moins, provoquant l’appauvrissement d'une partie des paysans.


Si ces derniers luttent, à travers des collectifs locaux et des organisations de défense de la terre, le nombre d’assassinats de militants écologistes donne le vertige : 130 ont été abattus entre 2009 et 2019. Par qui ? Par quoi ? 

Berta Isabel Caceres Flores est née le 4 mars 1971 dans la petite ville de La Esperanza, située à l’ouest du pays, berceau de la culture Lenca.

Berta Caceres a grandi dans cette zone rurale où l'effort et le travail, le dévouement à la terre de la part des paysans et de leurs communautés n'étaient pas nécessairement reconnus. Toute petite, elle voyait déjà ses parents, ses frères et sœurs mourir à cause du travail, de l'oppression et de la violence institutionnelle.

Berta a vite reconnu que la cause de tous les maux pour les pauvres et les indigènes d'Amérique était le pouvoir de l'homme blanc, le même qui, il y a des siècles, avait transformé ce beau continent en un lieu de souffrance, de violence et de douleur. Dès son plus jeune âge, alors qu'elle était encore adolescente, elle a rejoint la lutte pour la défense des droits des autochtones, le libre accès aux terres sur lesquelles ceux-ci travaillaient et le rétablissement des idéaux précolombiens.

Leader indigène Lenca, elle co-fonde, en 1993, le COPINH, le Conseil Civique des Organisations Populaires et Indigènes du Honduras et recevra en 2015 le Prix Goldman, considéré comme la plus grande reconnaissance internationale pour les défenseurs de l’environnement.

Le COPINH est une organisation sociale et politique, qui revendique la reconnaissance des droits politiques, sociaux, culturels et économiques des peuples et des communautés indigènes Lenca. Dans sa ligne de mire : le capitalisme, le patriarcat et le racisme. 

Les membres du COPINH militent pour le respect de leur droit à un consentement libre, dans le cadre de méga-projets qui menaceraient leur territoire et les forcerait à quitter leurs terres ancestrales. 

Berta s’implique particulièrement dans une campagne pour la protection de la rivière Gualcarque dans la région de Rio Blanco, et contre le projet de barrage hydroélectrique Agua Zarca, développé par l’entreprise hondurienne FICOHA, la DESA et la multinationale chinoise SINOHYDRO. En 2010, soit un an après le coup d’Etat, ces trois entreprises ont obtenu de la part du gouvernement, une licence d’exploitation de la rivière Gualcarque d’une durée de 20 ans.

Alors que dans la cosmovision Lenca, le cours d’eau est sacré, les habitants de la région n’ont pas été concertés pour ce projet. 

L’entreprise DESA est alors dirigée par David Castillo, ancien militaire et époux de Gladis Aurora Lopez, vice-présidente du congrès Hondurien et présidente du parti national, au pouvoir. La collusion entre le monde économique, le pouvoir politique et l’armée devient évidente, dans ce pays parmi les plus inégalitaires et les plus violents au monde.

Berta Caceres lutte aux côtés des communautés Lenca, et dénoncent pas moins de 47 concessions attribués à des multinationales depuis 2009. Elle dénoncera de nombreuses menaces de mort, un harcèlement sexuel permanent, et les menaces en tout genre reçues de la part de l’ancien colonel des forces aériennes honduriennes, Douglas Geovanny Bustillo, devenu entre temps chef de la sécurité de DESA.

En 2015, les menaces deviennent de plus en plus nombreuses. Elle est suivie, des motos chevauchées par des hommes cagoulées s’arrêtent régulièrement à côté de son véhicule et la regarde, droit dans les yeux.

Sa mère et ses quatre enfants décident de quitter le pays. Berta ne souhaite pas abandonner le combat et prend alors des précautions. Elle dort chaque nuit dans un endroit différent, ne répond que très peu au téléphone, apparaît de moins en moins en public et sort toujours accompagnée. La Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme demande une protection particulière mais la police ne l’accompagne que très peu...

Le soir du 2 mars 2016, Berta décide de dormir chez elle, dans sa maison de La Esperanza. Elle est accompagné de Gustavo Castro Soto, un militant écologiste mexicain, notamment membre de l’ONG Amis de la Terre.

Peu après 23h30, Berta et Gustavo entendent que deux personnes entrent dans la maison, après avoir défoncé la porte principale. Berta demande qui est là… quand un tueur un gage entre dans sa chambre, pointe son arme vers elle, et tire trois coups de feu. Berta s’écroule sur le sol. Dans l’autre chambre, les assaillants tirent également sur Gustavo qui, blessé, fera le mort en attendant que les tueurs s’en aillent. A leur départ, il se précipite dans la chambre de Berta et la trouve inerte. 

Elle mourra quelques minutes plus tard.

On a tué Berta Caceres, aussi lâchement qu’on la menaçait.

Dès le lendemain, les associations s’insurgent et le pays est sous le choc de cette nouvelle. Des milliers de personnes assisteront aux funérailles de Berta  Caceres le 5 mars 2016.

Depuis cet événement tragique, plusieurs personnes ont été arrêtées et condamnées : 

- d’abord, les auteurs du crime, le soir du 2 mars, notamment Edilson Duarte, un jeune tueur à gage de 25 ans qui s’est dénoncé, 

- mais aussi certains des auteurs intellectuels et organisateurs présumés de l’assassinat comme Sergio Rodriguez, gérant de la DESA au moment des faits, Douglas Bustillo, ancien chef de la sécurité et Mariano Diaz, alors major de l’armée hondurienne.


Le Président du groupe DESA, David Castillo, accusé d’être le commanditaire du crime, est détention provisoire suite à son arrestation en mars 2018 à l’aéroport de San Pedro Sula, alors qu’il tentait de quitter le pays. Le début de son procès a été reporté à de multiples occasions. Aussi, la richissime famille hondurienne Atala Zablah, propriétaire de l’entreprise DESA, est également considérée comme responsable par la famille de Berta Caceres et le COPINH.

Depuis quatre ans, ces derniers demandent la mise en place d’une mission indépendante qui permettra de mener à bien le procès des responsables de l’assassinat.

Depuis ces faits, et malgré la couverture internationale de l’assassinat, le COPINH dénonce d’autres attaques de ses militants, comme le meurtre de Nelson Garcia le 15 mars 2016 dans le département de Cortes, soit 15 jours après celui de Berta. 

En 2019, les défenseurs des Droits Humains au Honduras ont comptabilisé plus de 20 leaders sociaux, environnementaux, journalistes ou de mouvements étudiants assassinées pour des raisons politiques et des avis contraires au gouvernement du président Juan Orlando Hernandez.

Cet épisode est un hommage à Berta Caceres, à sa famille, au COPINH, à sa mère, et à toutes les personnes en lutte.

Nous avons symboliquement fait le choix de ne pas traduire les paroles de Berta, pour que sa voix résonne.


La voz lenca no se calla, la voz de Berta no se calla

Berta Vive, el COPINH sigue.

Sources et morceaux : 

  • Berta Caceres – Discours Prix Goldman 2015

  • Hugo TSR - Ambition Instrumental

  • Ballet folckorico Oro Lenca

  • Mi tierra bella Honduras

  • Evelyn Cornejo - Alerta

 

Episode #2
La liberté de la presse

Selon Reporters sans Frontières, en 2019, plus de 30% des assassinats de journalistes dans le monde ont été commis au Mexique. Si cette statistique en fait le pays le plus dangereux pour la presse, elle révèle surtout l’impunité quasi-totale pour les commanditaires de ces assassinats, bien souvent liés au monde politique.


Entre 2006 et 2018, sous les mandats des présidents Felipe Calderon et Enrique Peña Nieto, on dénombre pas moins de 112 cas d’assassinats et de disparitions de journalistes.


Le gouvernement de gauche du président Andres Manuel Lopez Obrador a promis des réformes pour endiguer cette violence quotidienne, la corruption de l’Etat, et protéger la presse dans ce pays classé au 144ème rang au Classement mondial de la liberté de la presse 2019, publié par RSF.


Plus généralement, on constate que le continent américain est le théâtre d’une corruption et d’une violence institutionnelle, dont les statistiques font froid dans le dos. Le Mexique donc, mais aussi la Colombie, le Brésil ou encore le Honduras se distinguent comme les pays les plus meurtriers pour les professionnels de la presse, surtout quand ces derniers enquêtent sur les violations des droits de l’Homme, le crime organisé, la corruption ou encore le narcotrafic. Cuba et le Venezuela sont également dans la ligne de mire concernant la pression exercée sur la presse indépendance. Rappelons qu’aucun des six pays cités n’est officiellement en guerre… 


Pression, censure, enlèvements, assassinats… Les journalistes d’Amérique Latine, qui couvrent l’actualité via une presse indépendante, sont souvent livrés à eux-mêmes…

Au Mexique

Entre la cité des dieux Teotihuacan, le ballet annuel de millions de papillons monarque ou la cuisine traditionnelle, reconnu au patrimoine mondial de l’Unesco, le Mexique est le 6ème pays le plus visité au monde.
Grand comme presque 4 fois la France, il compte 2 fois plus d’habitants.
Il abrite plus de 10% de la biodiversité mondiale et en plus de l’espagnole, 68 langues indigènes sont reconnues comme langue nationale.

Mais parmi toutes ces langues, l’une peine à se faire entendre. 

Il s’appelle Javier Valdez Cardenas, et est né le 14 avril 1967, à Culiacàn, une ville du Nord Ouest du Mexique.
Après des études en sociologie, il commence sa carrière de journaliste sur une chaîne de télévision nationale, puis rejoint à 32 ans La Jornada, un quotidien de référence et relai des problèmes sociaux.
Tout en restant reporter, il fonde l’hebdomadaire Rio doce, consacré à la couverture du crime organisé et de la corruption dans l'état de Sinaloa. Un état où sévit notamment le cartel d’El Chapo, l’un des plus puissant du Mexique.
Passionné et engagé, particulièrement contre le narco trafic, il est en parallèle correspondant de plusieurs médias internationaux, dont l’AFP, et écrivain.


En 2011, il est récompensé par le prix international pour la liberté de la presse après avoir publié son livre “Narcoperiodismo, la prensa en medio del crimen y la denuncia" (Narcojournalisme, la presse entre le crime et la dénonciation).


Mais lors de la remise de prix il inverse les rôles, et dénonce :

“Je suis journaliste depuis 21 ans et je n’ai jamais souffert auparavant avec une telle intensité, et avec autant de dangers.

A Culiacàn, dans l’état de Sinaloa au Mexique, c’est un danger d’être vivant, et faire du journalisme, c'est marcher sur une ligne invisible dessinée par les méchants, ceux qui sont dans le narcotrafic et ceux qui sont au gouvernement, sur un terrain rempli d’explosif. C’est ce que la majorité du pays traverse. On doit prendre soin de tout et de tout le monde. Il n’y a ni solution ni salut, et souvent personne vers qui se tourner.
C’est pour cela qu’il est important de compter sur la famille et les amis, les journalistes et les médias comme La Jornada, un quotidien duquel je suis correspondant et l'hebdomadaire Riodoce, que j’ai fondé.
Dans mes livres, Miss Narco et Los morros de los Narcos, j’ai décrit la tragédie dans laquelle le Mexique vit. Une tragédie dont nous devrions avoir honte.
La jeunesse nous rappellera cela comme une période de guerre.
Elle a son ADN tatoué de balles, de fusils et de sang.
C’est une manière de tuer notre lendemain.
Nous sommes les assassins de notre propre futur.

Est ce une guerre ? Oui. Mais pour le contrôle des drogues. Nous, les citoyens, fournissons les morts. Et les gouvernement, du Mexique et des Etats unis, les armes. Eux, les éminents et invisibles, à l’extérieur et à l’intérieur des gouvernement, retirent les profits.

Je dédie ce prix aux courageux journalistes, aux enfant et jeunes, qui vivent une mort lente. Je préfère donner un visage et un nom aux  victimes pour créer un portrait de ce triste et désespéré panorama. Pour avancer a pas de géant et par les raccourcis à travers l’apocalypse, à la place de compter les morts et de les réduire à des chiffres.

Ce prix est comme un phare à travers la tempête. Un port à l’horizon.
A Riodoce, nous expérimentons une solitude macabre, parce que rien de ce que nous publions n’a d’échos ou de soutiens, et cette désolation nous rend encore plus vulnérable. 

Malgré tout cela, avec vous et ce prix, je peux dire que j’ai un endroit où m’abriter, et me sentir moins seul."

Le 15 mai 2017, à Culiacan, il est dans sa voiture, à deux pas de la rue du Rio doce. Deux hommes l’interceptent, le forcent à sortir au milieu de la rue et à s’agenouiller. 12 balles le font taire.

Javier Valdez Cardenas a été tué pour le silence. Javier Valdez Cardenas est mort d’avoir dit.

Le chauffeur des deux hommes a été condamné en février dernier à près de 15 ans de prison. C’est un fait rare dans le pays, ou le meurtre de journaliste reste malheureusement souvent impuni.

Le Mexique est 144eme sur 180 au classement mondiale de la liberté de la presse de Reporter sans frontière. Plus de 100 journalistes ont été tués au Mexique depuis 2000. 

Les journalistes sont bâillonné par l’autocensure et subissent les violences de problèmes sociétaux profond. Entre les cartels, qui évoluent rapidement et l’état, plus lent et miné par la corruption, ils sont pris entre deux feux.


Ya Basta crient les survivants. Ça suffit.

Sur le continent

Mais alors, où en est la Liberté de la Presse en Amérique Latine en général ?


Chaque année, Reporter Sans Frontières fait un classement mondial de la Liberté de la Presse. Une belle carte aux couleurs qui vont de noir à beige (les pays en noir étant les pires pays niveau liberté de la presse.)

Et même si l’Amérique Latine n’est pas le pire continent, le constat de Reporters sans frontière n’est pas très joli.

Anthony Bellanger est secrétaire générale de la Fédération Internationale des journalistes, qui représente 600 000 journalistes dans 136 pays du monde. Comme il l’explique, la liberté de la presse ne peut pas vraiment se mesurer. Mais la violence envers les journalistes, si : 

“Il est toujours difficile de parler de liberté de la presse pour un continent entier, voire un très grand continent comme celui de l’Amérique Latine, l’Amérique Centrale et des Caraïbes. La liberté de la presse, ça ne se mesure pas, contrairement à ce qu’on peut penser. On n’est pas dans une entreprise de petits pois dont on pourrait mesurer les kilos.

En revanche, on se rend compte malheureusement que l’Amérique Latine est toujours la zone la plus dangereuse du monde pour les journalistes, encore en 2019, puisque l'on enregistre encore des taux extrêmement hauts : plus de 18 journalistes ont été tués sur le continent sud-américain. Donc voilà, s’il est très difficile de savoir où en est la liberté de la presse, en revanche on sait que la violence est toujours présente sur le continent et elle a lieu notamment en lien avec toutes les questions de narcotrafic, de corruption qui malheureusement gangrène le continent entier”

En 2019, 10 journalistes ont été tués au Mexique, 3 en Honduras, 2 au Brésil, 2 à Haiti et un en Colombie. 

Et le pire élève, encore une fois selon Reporters sans Frontières, c’est Cuba. Il est 169ème sur 180. C’est le seul pays d’Amérique Latine qui apparaît en noir sur la carte. Comme l’écrit Reporters Sans Frontières : « Autoproclamée république socialiste à parti unique, Cuba reste année après année le pire pays d’Amérique latine en matière de liberté de la presse. »


Mais selon Anthony Bellanger, le vrai problème, c’est qu’on ne sait pas ce qu’il se passe sur l’île : 

“A Cuba, on a enregistré aucun mort récemment. On sait juste que la liberté de la presse est quand même compliquée. Mais nous n’avons pas de membres en tant que tel à Cuba, donc pour nous il est très difficile d’avoir des informations étayées. Donc malheureusement, je n’ai pas beaucoup plus d’informations sur Cuba à part dire qu’il est très difficile d’en avoir sur cette petite île.”

Cependant, les choses tendent quand même à s'améliorer. Même si ce n’est pas gagné, on voit tout de même peu à peu des progrès comme par exemple l’amélioration de l’accès à internet sur Cuba. 

Un autre des mauvais élèves, et qui a tendance à s’empirer depuis quelques temps, c’est le Venezuela, encore une fois selon reporters sans frontières.

Là-bas, pas d’espoir d’amélioration à l’horizon. Pour l’instant, la liberté de la presse a tendance à reculer. Le pays ne fait que régresser depuis 2014. Il faut dire que le président depuis 2013, Nicolas Maduro, s’attache à bien contrôler l’information et les médias. Et depuis quelques années, la répression s’est intensifiée. Violences contre les journalistes, arrestations arbitraire, exil … les journalistes indépendants sont devenus une vraie cible du gouvernement. 

Les autres pays dans le rouge sont nombreux : Bolivie, Nicaragua, Guatemala, Colombie, Honduras, et forcément, le Mexique. 

Mais pour Anthony, d’autres pays l’inquiètent aussi, comme le Brésil : 

“On a aussi, malheureusement, compté beaucoup plus de violence au Brésil depuis l’arrivée du Président Bolsonaro et on se rend compte que c’est beaucoup plus compliqué pour les journalistes de faire leur travail.”

Dans un grand continent où la liberté de la presse est plutôt moyennement respectée, il y a tout de même deux pays qui font office de meilleurs élèves : L’Uruguay, 19ème, et Le Suriname, 20ème.

Alors oui, ils ont l’air de deux petits points perdus dans une vague de couleurs orange et rouge, mais il faut savoir aussi souligner le positif ! 

Le constat de la liberté de la presse n’est pas non plus tout noir.

Selon l’UNESCO, on progresse un peu : 19 pays d’Amérique latine et des Caraïbes disposent de lois nationales relatives à la liberté d’information. Et dans cette liste, il y a notamment le Mexique, Honduras et le Nicaragua…


Alors au niveau juridique, les choses avancent. Lentement, certes, mais elles avancent. Le problème est plutôt de lier la théorie à la pratique.

La liberté de la presse est un sujet sensible en Amérique Latine, où il reste toujours très difficile d’exercer le métier de journaliste, et pas seulement de manière indépendante. Les grands médias souffrent également de la pression d’Etat, et de la corruption qui ronge les rouages de démocraties parfois naissantes.


Cet épisode s’inscrit dans une série consacrée aux leaders, journalistes, militants ou défenseurs des Droits de l’Homme, menacés et/ou assassinés sur l’ensemble du continent.

Retrouvez nos épisodes sur les militants écologistes, sur les défenseurs  de la cause LGBT, ainsi que sur les leaders sociaux, sur notre site internet www.asso-unidos.com, ainsi que sur l’ensemble des plateformes.


N’oublions pas que les médias, quels qu’ils soient, sont à eux seuls un pouvoir.

Un pouvoir appartenant souvent aux peuples, un pouvoir qui dérange...

Et comme l’a indiqué Paul Velazquez, un journaliste mexicain victime d’agressions à répétition, lors d’une conférence de presse le 6 février dernier, et dont l’objectif était de s’adresser au président Obrador : 

"Presidente, nos están matando, no lo olvide, por favor, nos están matando"

Sources et morceaux : 

  • Mariachi – Camperos de Chiapas

  • Molotov - Hit me

  • Demi portion - Laisse pas tomber

  • Himno de los periodistas bolivianos

  • Himno cubano

  • Artistos unidos para el Venezuela - Vamos bien

  • Anthony Bellanger - Secrétaire Général de la FIJ

  • rsf.org